La famille OBERKAMPF

 

Buste dans le jardin de la mairie de Jouy-en-Josas

 

 

 

    A la fin du 17ième siècle, l’Europe découvrait et adoptait  les belles cotonnades peintes de fleurs et d’animaux aux couleurs vives, importées de l’Inde grâce aux grandes compagnies de navigation. Mais une concurrence sévère entre les manufactures traditionnelles de soie et de coton amena Louis XIV à décréter l’interdiction d’importation de fabrication dans tout le pays.

En 1759, avec la levée de cette interdiction, de nombreux étrangers, derniers possesseurs d’un réel savoir-faire en la matière, s’installèrent en France ; parmi eux, Christophe Philippe Oberkampf, né le 11 juin 1738 à Wiesenbach en Allemagne, industriel allemand issu d’une famille de teinturiers, graveur et coloriste du Wurttemberg. 

En 1759, Christophe Philippe Oberkampf propose à Antoine Guernes dit Tavannes, de s'associer pour la création d'une manufacture de toiles imprimées avec des planches de bois gravées (manufacture d’indiennes), à Jouy-en-Josas, ville sélectionnée pour la qualité de son eau. Les premières toiles sont imprimées en mai 1760 dans la petite maison du Pont de Pierre (actuelle école de musique).

Avec le succès, Christophe Philippe Oberkampf agrandit sa fabrique sur un vaste terrain de 18 000 m² en 1764.

En 1770, Christophe Philippe Oberkampf qui justifie dix ans de résidence en France, est naturalisé français ainsi que son frère. Vers cette date, une évolution technique d'importance va permettre à l'entreprise d'augmenter considérablement sa production : les planches de bois sont remplacées par des plaques de cuivre, gravées également mais souples qui vont pouvoir être fixées sur des tambours cylindriques.

L'entreprise entre dans l'ère de la mécanisation. L'effectif de la manufacture croît rapidement et atteindra 900 ouvriers en 1774, 1237 personnes en 1782 devenant alors la plus grande manufacture d’Europe et fabriquant la célèbre toile de Jouy.

En 1783, la fabrique reçoit de Louis XVI le titre de manufacture royale et en 1787, Christophe Philippe Oberkampf reçoit des lettres de noblesse, de Louis XVI : il est fait écuyer et reçoit les armoiries « Recte et vigilanter ».

Christophe Philippe Oberkampf bénéficia de la proximité de la Cour de Versailles, passa au travers de la tourmente révolutionnaire, connut une prospérité étonnante sous le Consulat, (deuxième entreprise du royaume après la manufacture de glaces de Saint-Gobain), et fut décoré de la Légion d’Honneur par Napoléon lui-même (1806).

En 1799, son entreprise subit de plein fouet la chute de l’Empire. Le commerce décline et l'effectif du personnel, qui avait atteint 2 000 ouvriers, doit être réduit. En 1815, l'effectif tombe à 435, puis la manufacture ferme pendant un temps au moment de l'invasion des armées coalisées contre l'Empereur.

Quand Christophe Philippe Oberkampf meurt le 6 octobre 1815 (enterré dans le jardin de sa maison). Son fils, Émile, lui succède à la tête de la manufacture. Celle-ci, reprise par Barbet de Jouy en 1822, fera finalement faillite en 1843.

Jouy-en-Josas qui était alors un village devint un bourg que la fermeture de l’usine aurait ruiné si le goût de la villégiature n’avait attiré dès le milieu du 19ième siècle, une population nouvelle.

Christophe Philippe Oberkampf a été le premier Maire de Jouy-en-Josas (nommé le 7 février 1790) et son beau frère, le premier Secrétaire de Mairie. Sa maison est transformée en Hôtel de Ville en 1899 avant de devenir aujourd'hui le conservatoire de Musique de la commune de Jouy-en-Josas.

Sources :                                                                                                                                                                                          http://www.jouy-en-josas.fr/pageLibre00010088.html                                                                                                               http://fr.wikipedia.org/wiki/Christophe-Philippe_Oberkampf